Uranium de Mounana: des indices encourageants pour les activités de la COMUF.

Mines

Des indices encourageants pour les activités de Comuf au Gabon

Michel Capobianco, Directeur général d’Areva Gabon, a été reçu en audience ce lundi 12 octobre 2015 par le ministre des Mines et de l’Industrie, Martial-Rufin Moussavou. L’entretien s’est avéré utile à tous points de vue, en ce qu’il a permis de faire le point de l’activité de la multinationale française et de sa filiale au Gabon, la Compagnie des mines d'uranium de Franceville (Comuf).

Areva est présent au Gabon depuis la fin des années 1950, à travers la Compagnie des mines d’uranium de Franceville (Comuf) dont il est l’actionnaire principal. Jusqu’en 1999, la Comuf a exploité des gisements d’uranium en mines à ciel ouvert et en mines souterraines situées autour de la localité de Mounana, dans la province du Haut-Ogooué.

«Aujourd’hui, les activités du groupe dans le pays se concentrent essentiellement sur la recherche minière et le réaménagement de sites à Mounana», a expliqué Michel Capobianco. Ces deux activités sont utiles en termes d’identification de gisement pour la première, et de restitution de terrains viables pour la seconde.

Selon le directeur général d’Areva Gabon, les recherches menées à ce jour sur le terrain montrent des indices miniers qui présagent d’un avenir serein pour les activités de sa filiale gabonaise. «Il faudra toutefois bien identifier des indicateurs qui soient économiquement rentables», a-t-il indiqué.

Si les recherches montrent des indices encourageants, il reste que l’exploitation à proprement parlé du gisement ne devrait pas commencer maintenant, en raison des coûts des matières premières qui sont ne sont favorables aujourd’hui. «Ce ne sont pas les meilleures conditions pour démarrer l’exploitation», a fait observer monsieur Capobianco. Ce qui tout à fait est logique, si on considère que l’ambition de tout opérateur économique est de rentabiliser son projet.

Néanmoins, l’hôte du ministre Moussavou a exprimé sa volonté de ‘‘poursuivre l’activité de recherche’’. Dans ce ses, le membre du Gouvernement lui recommandé un programme précis pour cette activité, programme qui permettra à l’opérateur d’évoluer rapidement si les ressources et les réserves sont satisfaisantes.

Par ailleurs, l’opérateur a dit vouloir fructifier ce qui a déjà été identifié comme indices, dans le cas où l’économie serait beaucoup plus favorable, d’une part et, d’autre part, faire d’autres découvertes pour démarrer éventuellement l’exploitation.

La question de la responsabilité sociétale de l’entreprise a été abordée au cours de cette entrevue. Notamment en ce qui concerne les engagements d’Areva vis-à-vis des populations locales et de la préservation de l’environnement.

Des préoccupations pour le moins fondamentales, selon Martial-Rufin Moussavou, qui a bien conscience que la conséquence de l’exploitation d’uranium à Mounana, depuis la cessation des activités d’Areva en 1999, est vécue comme une secousse avant tout sociale, mais aussi environnementale et sanitaire.

En phase d’exploitation, la Comuf avait produit plus de 26 000 tonnes d’uranium jusqu’à la fin des années 1990, avec l’impact que l’on connaît sur les plans environnemental et sanitaire. Dès 1997, Areva a étudié un programme de réaménagement des sites à partir d'une étude basée sur les principes de justification et d'optimisation de la protection radiologique, financée dans le cadre du contrat SYSMIN de l’Union européenne.

Les travaux de réaménagement ont été réalisés dans le strict respect des réglementations internationales en vigueur, afin de garantir de manière durable la salubrité et la santé publique de la zone minière. Ces travaux ont porté sur le démantèlement des installations d’extraction et de traitement des minerais, la mise en sécurité des anciens sites industriels et leur végétalisation, et le réaménagement des sites de stockage des résidus de traitement.

Lancés en 1999, les travaux de réhabilitation des sites opérés par la Comuf ont été validés par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en 2006, à l’issue de trois audits au Gabon. Depuis lors, la Comuf assure la surveillance radiologique et environnementale du site réaménagé de Mounana, et effectue régulièrement des contrôles de l’air, de l’eau, des végétaux et de la chaîne alimentaire.